traitement covid-19

Quels médicaments pourraient-ils sauver le monde entier du coronavirus (COVID-19) selon l’OMS ?

Aujourd’hui, le nombre de contaminations totale par le coronavirus a dépassé ce dimanche 28 Mars le cap des 662.402 cas confirmés. Plus de 30.829 personnes sont décédées, dans 199 pays et territoires.

Face à cette pandémie qui touche désormais la quasi-totalité du globe, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a lancé récemment un large essai mondial appelé SOLIDARITY. Il s’agit de mégas études solides sur les traitements les plus promoteurs pour lutter contre le coronavirus.

Le principe de ces études est de proposer des médicaments déjà approuvés pour d’autres maladies et connus par leur efficacité. Cela est dans le but d’accélérer le plus vite possible la guérison des patients atteints par COVID-19, notamment les 15% des sujets à risque.
Ces traitements peuvent également réduire le temps d’hospitalisation des patients dans les unités de soins intensifs afin de libérer de plus en plus les lits en réanimation des hôpitaux.

L’agence française de recherche biomédicale l’INSERM, a annoncé qu’elle coordonnerait un essai complémentaire en Europe, qui suivra l’exemple de l’OMS et inclura 3200 patients éparpillés dans au moins sept pays, dont 800 en France.

Le choix de la liste des médicaments proposés par l’OMS est fondé sur des preuves de thérapies testées depuis Janvier 2020. .Ce panel présente le plus de chance pour être efficace, disponible et suffisant.

1. Remdesivir

Développé à l’origine pour lutter contre le virus d’Ebola et les virus apparentés, le remdesivir arrête la réplication virale en inhibant une enzyme virale clé, « l’ARN polymérase ARN-dépendante« .

En 2017, des chercheurs de l’Université de Caroline du Nord, Chapel Hill, ont montré que ce médicament peut également inhiber les coronavirus qui causent le SRAS (Syndrome Respiratoire Aigu Sévère) et le MERS (Moyen Orient Syndrome Respiratoire) .

Cependant, ces constatations provenant de cas individuels ne suffisent pas pour prouver qu’un médicament est surement efficace ou non. Pourtant, d’après les études de l’essai SOLIDARITY,

«le remdesivir a le meilleur potentiel pour être utilisé dans les cas cliniques».

Jiang Shibo de l’Université Fudan

Jiang propose qu’une administration à forte dose du remdesivir sera probablement plus efficace. Encore, il peut être beaucoup plus puissant s’il est administré au début d’une infection, explique Stanley Perlman, chercheur sur les coronavirus à l’Université de l’Iowa.

«Ce que vous devez vraiment faire, c’est d’administrer ce médicament aux personnes ayant de légers symptômes (fièvre, toux, fatigue), Et vous ne pouvez pas faire ça parce qu’il s’agit d’un traitement à voie intraveineuse donc c’est cher, alors que 85% des personnes n’en ont pas besoin. »

2. Chloroquine et hydroxychloroquine

Lors d’une réunion en Genève le 13 Mars, SOLIDARITY a incité la nécessité d’examiner des preuves concrètes pour éclairer une décision finale sur le potentiel rôle du duo chloroquine/ hydroxychloroquine contre le covid-19. Rapport d’un groupe de travail de l’OMS

En fait, La chloroquine est un médicament indiqué dans le traitement et la prévention du paludisme (malaria) mais aussi en rhumatologie et en dermatologie pour traiter la polyarthrite rhumatoïde et certains lupus.

L’hydroxychloroquine est une molécule dérivée de la chloroquine. Elle est utilisée dans le traitement de certaines pathologies auto-immunes sous le nom de Plaquenil® .

Bien évidemment, il ne s’agit pas d’un traitement anti-viral, mais plutôt ce médicament agit directement sur la cellule infectée par le coronavirus en modifiant la structure de sa surface notamment les récepteurs qui vont fixer le virus, permettant ainsi de bloquer la multiplication virale.

En revanche pour qu’elle soit efficace, cette molécule doit être administrée à fortes doses qui peuvent induire dans plusieurs cas une grave toxicité ainsi que des effets secondaires considérables.

Selon l’OMS, Plus de 20 études COVID-19 en Chine ont utilisé de la chloroquine ou de l’hydroxychloroquine, cependant, aucune donnée n’a été partagée concernant les résultats de ces recherches.

Dans des directives publiées vendredi 20 Mars, la Société américaine de médecine des soins intensifs a déclaré: «les preuves sont insuffisantes pour émettre une recommandation sur l’utilisation de la chloroquine ou de l’hydroxychloroquine chez les adultes gravement malades atteints de COVID-19. « 

L’hydroxychloroquine, en particulier, pourrait faire plus de mal que de bien. Le médicament a une variété d’effets secondaires et peut dans de rares cas endommager le cœur. Parce que les personnes souffrant de maladies cardiaques courent un risque plus élevé de COVID-19 sévère, c’est une préoccupation, explique David Smith, médecin spécialiste des maladies infectieuses à l’Université de Californie à San Diego.

Le 16 Mars 2020, Le professeur Didier Raoult, directeur de l’Institut hospitalo-universitaire Méditerranée Infection de Marseille, a publié en guise de sa première étude:

Professeur DIDIER RAOULT propose la chloroquine comme médicament contre le coronavirus

 » Le dérivé de la chloroquine est LE remède pour soigner les malades du coronavirus.

PR. DIDIER RAOULT

Administré pour la première fois à 20 patients de son service à raison de 600 mg d’hydroxychloroquine/ jour associé à l’azithromycine (antibiotique de la famille des macrolides).

6 jours après la prise d’hydroxychloroquine, seuls 25 % des patients COVID 19+ étaient encore porteurs du virus.

Vendredi  27 Mars, Pr. Raoult a diffusé les résultats d’une seconde étude sur les effets de la prise combinée d’hydroxychloroquine ( le Plaquenil) et d’azithromycine. Cette étude portait cette fois, sur 80 patients, dont 80 % d’entre eux ont connu une « amélioration considérable » et ont quitté l’hôpital au bout de 5 jours en moyenne. Les médecins ont observé une baisse importante de la charge virale : 83% au bout de 7 jours et 93% au bout de 8 jours. Au terme de cette étude, un seul patient de 74 ans persistait encore en réanimation et un seul patient âgé de 86 ans s’est décédé.

3. Ritonavir / lopinavir

Ce médicament combiné, vendu sous le nom de Kaletra, a été approuvé aux États-Unis en 2000 pour traiter les infections à VIH par inhibition de sa protéase.

Il s’est avéré que cette combinaison peut inhiber également la protéase d’autres virus, en particulier les coronavirus. Une étude a été effectué chez les ouistitis infectés par le virus MERS et a également été testé chez des patients atteints du SRAS et du MERS. Le premier essai avec COVD-19 a été effectué par Les médecins de Wuhan, en Chine, qui ont administré à 199 patients deux comprimés de lopinavir / ritonavir deux fois par jour, Il n’y avait pas de différence significative en terme de guérison ou d’amélioration de l’état général des sujets malades . Or, les auteurs ont signalé que les patients testés étaient déjà dans un stade avancé de l’infection; plus de 20% d’entre eux se sont décédés, ce qui mène à penser que le traitement probablement était donné trop tard.

Bien que la combinaison lopinavir / ritonavir soit généralement sans danger, les médecins ont averti qu’elle pouvait provoquer des lésions hépatiques importantes en association avec d’autres médicaments administrés en parallèle pour les sujets gravement malades.

4. Ritonavir / lopinavir et interféron bêta

SOLIDARITY aura également une piste qui combine les deux antiviraux avec l’interféron bêta, une molécule impliquée dans la régulation du syndrome inflammatoire, et qui a également montré un effet sur les ouistitis infectés par le MERS. L’association des trois médicaments est actuellement testée chez des patients MERS en Arabie saoudite dans le premier essai contrôlé randomisé pour cette maladie. Mais l’utilisation de l’interféron bêta chez les patients atteints de COVID-19 présentant un état sévère pourrait être risquée, Prévient Herold : «S’il est administré tard dans la maladie, il pourrait facilement entraîner une détérioration des tissus au lieu d’aider les patients»


Un comité mondial de surveillance de la sécurité des données examinera les résultats intermédiaires à intervalles réguliers et décidera si l’un de ces quatre médicaments a un effet significatif et clair pour lutter contre le coronavirus sinon il sera retiré de la liste.

Plusieurs autres médicaments, notamment le favipiravir, (un médicament antigrippal produit par Toyama Chemical depuis 2004), peuvent être ajoutés à la liste.

Afin d’obtenir des résultats solides et justes, plusieurs milliers de patients devront probablement être recrutés, selon Henao Restrepo.

« Faire des recherches cliniques rigoureuses lors d’une épidémie est toujours un défi, dit Henao Restrepo, mais c’est le meilleur moyen de progresser contre un tel virus:

Il sera important d’obtenir des réponses rapidement, d’essayer de découvrir ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. Nous pensons que la preuve aléatoire est la meilleure façon de le faire.

Ana Maria Henao Restrepo, Organisation mondiale de la santé

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